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Le petit personnel, c’est plus ce que c’était

Notre vénéré patron, Karl, aime la nouveauté. On le sent bien quand il nous regarde, nous, employés présents dans son entreprise depuis quelques années : nous avons perdu à ses yeux la fraîcheur qui faisaient notre attrait.

S’il pouvait nous remplacer comme il change d’iPhone, il serait certainement très heureux. Las, le salarié est protégé… il pose donc sur le nous un regard contrarié, nous rappelle régulièrement que si nous ne sommes pas satisfaits/plus motivés/interessés par une augmentation, nous devrions envisager de changer de boîte… et il file s’acheter un nouveau gadget hors de prix.

Ou fait refaire ses cartes de visite. Une fois il veut du rouge, une autre du vert Rollex, une autre il demande un vernis sélectif et la fois d’après du relief… Il procède avec ses cartes comme avec nos couvs : sans cohérence, par copie, imitant un modèle qu’il aura trouvé séduisant (jusqu’à ce qu’un autre lui fasse de l’oeil). Autant dire que le maquettiste qui se fait choper pour retravailler la carte du visite du Chef est assuré de vivre un moment inoubliable. Car ça donne par exemple :

Grand Chef : Mettez président. Non, mettez directeur. Mettez directeur éditorial. Non, mettez directeur. Ils ont quoi, les commerciaux ?

Maquettiste : Directeur de clientèle.

Grand Chef : Mettez président. Mettez Président directeur général. Non, mettez président, mais en gras. Et mettez mon portable. Non, ne le mettez pas. Ok, mettez-le. Les commerciaux, ils mettent leur portable ?

Maquettiste : Ceux qui ont un portable pro, oui.

Grand Chef : Ok, mettez mon portable. Non ! Mettez le portable de Jeanine !

Sur ce, le maquettiste va voir Jeanine, qui assume la position enviable d’assistante de Karl. C’est à dire qu’elle fait ses réservations de restaurant/vacances/voiliers, et emmène à l’occasion une montre à réparer. Une femme de confiance, discrète, entièrement dévouée. Un genre de femme de chambre à la Downton Abbey, loyale et tout ça…

Maquettiste : J., c’est quoi ton portable ?

Jeanine : pour quoi faire ?

Maquettiste : le Chef a demandé qu’on le mette sur sa carte de visite.

Jeanine : Mais il est con ou quoi ?? C’est mon portable perso ! Si c’est pour recevoir les coups de fil de ses maitresses à 2h du mat, non merci. T’as qu’à mettre celui de sa femme.

Comme quoi le petit personnel, c’est pas comme les téléphones portables : c’était mieux avant…

 

 

 

 

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La technique de la benête

Avant, je rentrais dans le tas. Puis j’ai acquis des méthodes de sioux, comme la technique du marécage dont je vous parlais la dernière fois, qui permettent d’évoluer en entreprise avec beaucoup plus de fluidité.

Donc aujourd’hui, après vous avoir transmis la merveilleuse méthode du pourrissement de notre cher barbu, let me introduce to you : la technique de la benête. Une ptite méthode à moi que je vais m’empresser de copyrighter, vu que c’est super pratique et que j’en suis très fière.

Attention ! Les techniques de survie en entreprise présentées sur ce blog ne sont pas universelles.

Par exemple, la technique de l’enlisement/du pourrissement/du marécage fonctionne uniquement avec les personnes qui s’enflamment très vite, veulent tout (et surtout n’importe quoi) tout de suite, mais n’ont aucune suite dans les idées.

La technique de la benête est utile face à un autre type de prédateur de bureau : le coucou, alias celui qui essaie de vous faire faire son boulot à sa place, alors qu’il n’y a aucune raison pour qu’il en soit ainsi. Généralement le coucou a un poste un peu au-dessus du votre sans être tout à fait votre supérieur hiérarchique, il a bien repéré que vous étiez fichtrement plus efficace que lui et a gardé en mémoire un épisode passé où vous avez bien voulu l’aider. Surtout, c’est une feignasse de première qui n’a aucun respect pour votre travail à vous.

Le coucou se pointe donc, la bouche en coeur, et va typiquement vous demander de l’aide sur un dossier épineux auquel il/elle ne comprend rien… Porté par votre bon coeur, votre esprit d’entreprise ou l’envie de vous faire bien voir, vous le/la dépannez. Son piège se referme sur vous. Car le coucou va revenir à la charge une fois suivante, puis une autre, sollicitant votre aide.  Très discrètement, il va faire en sorte que vous vous retrouviez en charge dudit dossier, sans même formuler clairement la demande.

Vous, joyeux employé dur au labeur, vous le voyez venir de très loin, le coucou. Surtout s’il vous a déjà eu une fois ou deux. Tout crispé, vous êtes tiraillé entre l’envie de l’envoyer bouler illico et la peur de vous faire mal voir. En plus, il n’a pas vraiment demandé quoi que ce soit.
C’est là qu’on respire, et qu’on applique la technique de la benête. Vous allez voir, c’est d’un simplicité déconcertante.

Quand le coucou revient à la charge, en disant par exemple « tu as bien reçu mon mail pour le suivi du dossier Chocoplouf, tu sais, celui pour lequel tu m’as aidé l’autre jour ? », répondez « Oui, mais je ne l’ai pas lu« .
Là le coucou marque une pause, ça ne lui serait même pas venu à l’idée que vous puissez ne pas lire un de ses mails. Il vous regarde, tente une blagounette, un  « ah ben merci ça fait plaisir » ou autre banalité du genre. Laissez-le s’enliser un peu, ça fait toujours plaisir à voir, et enchainez par un angélique « d’ailleurs, pourquoi tu me l’as transféré ? ».
Et là, le gentil petit filet que le coucou a tendu autour de vous se referme sur lui. Persuadé que vous étiez bien brave, et puisque vous l’aviez déjà aidé, il n’a même pas imaginé que vous puissiez ne pas continuer. Seulement se pose un problème : il comptait vous couillonner en douce, il n’a jamais formulé aucune demande explicite.
Donc il voulait vous faire bosser à sa place. Vous savez qu’il voulait vous faire bosser à sa place.
Mais il ne sait pas que vous savez qu’il voulait vous faire bosser à sa place. En tout cas, il n’en est pas sur…
Ses neurones chauffent, il essaie de trouver un moyen de rattraper le coup… De toute façon il faut bien qu’il réponde quelque chose. Par exemple, l’Ennamie, la semaine dernière, m’a dit
« Heu… je croyais que ça t’intéressait.
-Oui, bien sur, mais là je suis sur un gros article sur le sucre et les rites chamaniques, donc j’ai pas le temps…
-Non mais attends, Chocoplouf c’est super important, si on a pas la budget on peut metttre la clé sous la porte !
(notez la tentative crapuleuse de culpabilisation)
C’est sur, c’est sur… Ben tu me diras comment tu t’en es sortie !

Elle est partie super énervée, mais y’a pas eu d’esclandre. Ben oui : comment le coucou peut-il vous reprocher de ne pas faire quelque chose que vous n’êtes pas sensé faire, et qu’en plus il ne vous a pas demandé de faire ?

Magique…

La technique du marécage

Autrefois, je rentrais dans le tas. Qu’on veuille m’imposer un article (pour avoir une pub), supprimer un article (pour en mettre un autre, idem), me faire écrire des publirédactionnels à l’œil, ou payer les extras en tickets restaurants (si si…), je rentrais dans le tas. Avec la fâcheuse tendance à monter dans les aigus en fin de phrase :  » Commeeeeent, Kaaaaaarl, mais vous vous rendez compte ceciiiii, vous comprenez celaaaaaa, je ne suis pas d’accord machiiiiiin, et la déontologie biduuuuule… ».

Bref, c’était chiant.

Mais là, j’ai adopté la technique du marécage.
Aussi connue sous le nom de technique du pourrissement. Ou technique du Barbu que nous avons tous fini par adopter tellement elle est bien et évite de se coller des ulcères.
On ne peut pas l’appliquer partout, certes, mais pour peu qu’on évolue dans un environnements (professionnel mais aussi familial, amical, associatif…) où les gens ont beaucoup de désirs immédiats mais aucune suite dans les idées, ça peut fonctionner.

What is the technique of the marécage ? Très simple : on laisse s’enliser la chose ennuyeuse lentement, on n’y touche surtout pas, et 9 fois sur 10 elle disparait tout bonnement.

Je sens le doute en vous. Ça vous semble trop beau pour être vrai…

Exemple à l’appui je prouve ce que j’avance.

Le WC veut que le Barbu et moi planchions sur la communication d’un syndicat de je ne sais quoi, c’est urgentissime, importantissime. Il part en vacances le soir même. Technique du marécage en double pendant que le Chef se dore au Costa Rica. Personne ne nous en a jamais reparlé.

Le Boss veut qu’on écrive des textes de présentation pour tous les sites de nos revues, parce qu’il veut créer un mégasite portail pour la boîte. Technique du marécage pendant 4 jours. Juste le temps que le projet de mégasite tombe à l’eau.

Le grand Savapas trouve que les accroches de la couv sont un peu évidentes, pas assez travaillées, veut qu’on les réécrive… Technique du marécage pendant deux heures, le temps qu’il aie un rendez-vous avec son comptable. Et du coup la couv, il n’en a plus rien à cirer.

Et ça marche tellement souvent. Hélàs, ça ne prend ni avec l’Ennamie, ni avec Moipire. Mais nous avons développé d’autres techniques de survie avec eux. Avec Cruella, il faut l’impliquer et l’obliger d’une façon ou d’une autre à mettre les mains dans le cambouis. Comme elle est incapable de faire quoi que ce soit toute seule, on a de bonnes chances que d’un coup, ça devienne beaucoup moins important.
Avec Moipire, il faut être plus sournois. Du genre se servir de ce qu’elle a demandé pour aller foutre le bordel dans un autre service, jouer sur les territoires des uns et des autres, les gueguerres de pouvoir… et le projet a de bonnes chances de s’effondrer tout seul.

Je le concède, vu comme ça, on peut avoir l’air d’une bande de récalcitrants qui fait du sabotage à tout va. Mais ce serait oublier que si nous en sommes arrivés à la techique du marécage, c’est pour éviter que nos revue ne coulent pour de bon !

Last night the fonction publique saved my life

Ô la longue, très longue absence, se diront les quelques lecteurs réguliers de ce modeste blog. C’est que, chers vous trois, il m’a fallu tout ce temps pour apprendre, à l’instar de BHL ou Corneille*, à devenir philosophe.

Enfin disons qu’un léger craquage suite à une réunion particulièrement improductive m’a obligée à m’éloigner de Rubrik un moment. Mais maintenant ça va, pas d’inquiétude ! D’ailleurs le médecin l’a dit en me faisant ma piqure hebdomadaire : « c’est bien, mademoiselle Griotte : aujourd’hui, vous n’avez brûlé aucun des magazines de la salle d’attente, vous progressez ! Dès que vous aurez cessé de déchiqueter les pages de pub, vous serez prête à reprendre le travail ».

Alors voilà, je me prépare à retourner chez Rubrik et je suis zen. Et ça, c’est grâce au service public. Pas seulement grâce à l’établissement hospitalier à orientation légèrement psychiatrique qui m’a recueillie  quand je hurlais « Denonciatooooor », enchaînée au bureau de Karl. Non, c’est surtout grâce à la secrétaire du service. Josiane, 47 ans, philosophe à ses heures et devenue depuis ma maîtresse à penser.

Alors que nous lisions dans le journal, durant l’une de ses 12 pauses cigarettes quotidiennes, la triste histoire de cette cadre hospitalière de l’hôpital Bichat qui s’était suicidée en 2008, Josiane, pleine d’empathie, s’étonna. « Elle se serait suicidée parce qu’elle faisait trop d’heures supplémentaires ? C’est vrai que la pauvrette, 153 jours d’heures supplémentaires accumulés en 18 mois… Moi je suis pas sure de faire 153 jours de vrai travail en 18 mois. C’est pourtant pas compliqué. Quand tu veux pas travailler, tu viens pas. Moi par exemple, j’ai jamais fait un jeudi matin. C’est que j’ai cours de tai chi chuan, tu vois. »

Et là j’ai réalisé deux choses. D’abord, que le tai chi chuan, ça aide  à conserver sa souplesse. Josiane, elle fume en position du lotus.

Ensuite que la plupart du temps, quand on se laisse emmerder, c’est que dans une certaine mesure on le veut bien. Attention, je ne dis pas cette employée de l’AP-HP avait super envie de se faire maltraiter et essorer. Ni que feus les employés de France Télécom ou de la Poste étaient volontaires au burn out. Mais le boulot, ça ne devrait pas être un motif de suicide. Évidemment, c’est plus simple à réaliser quand on a une Josiane à proximité et 6 mois de Prozac derrière soi.

Enfin bref, c’est fini la Griotte qui s’énerve parce qu’on lui explose son chemin de fer et qu’on l’oblige à écrire des articles pour vendre de la pub. La Griotte nouvelle, elle s’en fout parce que c’est pas sa revue, pas son entreprise, qu’elle fait son maximum mais qu’elle ne fait pas de miracles. La new Griotte, elle a pour objectif de changer de boulot bientôt pour faire du journalisme éthique à nouveau. Et d’arrêter le Valium avant Noël.

Et de se mettre au Tai chi chuan. Mais quand elle sera à la retraite. Parce que les cours, bon, c’est le jeudi matin…

*Corneille le chanteur, hein, celui qui « vit chaque jour comme le dernier, padapapaaaaa ».

Styles de management et démotivation collective

En matière de management, on peut identifier plusieurs styles.

Le management directif repose sur l’autorité du manager. Il dit quoi faire à qui, il ne demande pas l’avis de ses collaborateurs, il prend les décisions, fixe des objectifs et évalue la réussite. Tant qu’on ne glisse pas dans un modèle dictatorial et que le manager est « vertueux » (montre l’exemple, assume ses décisions, s’engage…), ce peut être un style efficace.

La management participatif, à l’inverse, prend en compte les idées des collaborateurs ainsi que leurs besoins et envies, leur laisse de l’autonomie et favorise un travail d’équipe, d’égal à égal. A condition de ne pas verser dans la lâcheté, avec un  manager qui voudra être un ami plutôt qu’un N+1 et ne saura pas dire non, ce style peut s’avérer stimulant et épanouissant.

On discerne également le management explicatif (le manager cherche à faire adhérer les collaborateurs aux décisions pour mener vers une coopération), le management délégatif (le manager définit les missions et laisse de l’autonomie aux collaborateurs, il n’intervient qu’en cas de nécessité) et enfin le management adaptatif qui représentera un compromis entre managements directif et participatif.

En ce qui concerne Karl, notre Chef bien-aimé, on ne saurait se contenter de ces catégories. Non, Karl a un mode de management bien à lui : il pioche un peu dans toutes les cases, la seule constante étant que quel que soit le style choisi à un instant T, on peut être certain que c’est LE style qui apportera la démotivation la plus importante dans les équipes.

Karl, c’est le genre de manager qui dit que définir des missions est une perte de temps parce que les gens, si on les force à faire quelque chose, ils le font mal. Il compte donc sur la capacité de ses employés à deviner ce qu’on attend d’eux. Et au besoin, enverra Moipire négocier si un réfractaire se refuse à lire entre les lignes.

Le genre de directeur de publication qui sèche le mur d’images pour partir en week end, te dit qu’il a confiance en toi et que tu es seule responsable de la revue, et te reproche la semaine suivante de ne pas lui avoir mailé les propositions de couv.

Le genre de patron qui te demande de lui rendre des comptes au jour le jour sur un projet mais n’ouvre jamais un seul des mails que tu lui envoies.

Le genre de N+1 qui ne sait pas vraiment ce que tu fais mais a une idée bien nette de comment tu devrais le faire.

Oui… Karl Köln a un style de management bien à lui et après plusieurs années d’observation nous en avons conclu que son style à lui, c’est le management intempestif.

Médiator, dénonciator : réflexion sur l’inindépendance de la presse

L’affaire Médiator a rendu tout le monde suspect : les politiques, les experts, les médecins, les autorités sanitaires… ont tous été soupçonnés de conflits d’intérêt, d’avoir été achetés, soudoyés, corrompus. Et les journalistes dans tout ça ? Les journalistes comme les autres, à raison.

Mais ce qui me surprend, c’est que ça puisse surprendre. Ou en tout cas, que ça puisse surprendre d’autres journalistes.

Comment ? Claire Bonnot serait un pseudo ? Servier aurait commandité/relu/corrigé des articles dans le Quotidien du médecin ? Les articles de la presse généraliste s’en sont offusqués -à juste titre, entendons-nous bien- mais leur surprise m’a semblé légèrement exagérée. Des journalistes professionnels, sérieux comme ceux du Nouvel Obs, peuvent-ils ignorer les pressions commerciales exercées sur la presse ? A moins qu’ils ne s’agisse d’une fausse naïveté visant à se mettre au niveau du lecteur ignorant de la non-indépendance des médias. Ou de laisser penser que eux, en tout cas, n’ont jamais eu à subir ce genre de pression.

Et ceci entretient l’hypocrisie ambiante. Les journalistes seraient une profession fiable, avec une éthique irréprochable. Je veux bien, mais soyons objectifs : accordons le bénéfice du doute aux journalistes et considérons qu’ils respectent un code de déontologie… surtout quand l’argent n’entre pas en compte.

C’est quand même marrant qu’on admette plus facilement les entorses de la part de médecins (qui ont prêté serment de soigner, ou du moins de ne pas nuire), que de la part de journalistes (dont une bonne proportion est journaliste par fonction, non par formation, et n’a donc probablement jamais suivi de cours sur l’éthique).

Et là on est forcé de le reconnaitre : c’est pratique d’être celui qui parle au monde. Le journaliste, c’est celui qui apporte l’information à tous les autres. Il serait dommage, il est vrai, de ne pas soigner sa propre image au passage…

Un conseil, amis lecteurs, téléspectateurs, auditeurs, etc. : face aux journalistes, apprenez à exercer votre sens critique. Évaluez le risque de conflit d’intérêt et l’impact de l’information.

Si le canard local vous annonce que le chat de Madame Michaud a été écrasé samedi par Mr Bouchu, vous pouvez probablement le croire sur parole. A moins que le journaliste ne soit en conflit avec Mr Bouchu, et encore… l’impact est somme toute minime.

Si votre magazine féminin vante tel parfum plutôt que tel autre, vous pouvez vous demander si la rédactrice n’a pas reçu un flacon plus gros ou un petit cadeau de la part du parfumeur. Pas trop grave, il n’y aura pas mort d’homme, a priori.

Si un magazine pour les chocolatiers dit beaucoup de bien de telle nouvelle gamme de cacao exotique, vous pouvez vous interroger sur les raisons de cet éloge. Et commencer à en vouloir au magazine s’il vous pousse à investir dans une gamme décevante.

Et si un journal médical fait l’apologie d’un nouveau médicament alors que le laboratoire commercialisant ledit médicament est justement annonceur du journal, vous devez vous demander à quel point l’information est fiable. Quel est l’impact de cet article sur le lectorat. Pour aboutir à l’impact du médicament sur les malades.

C’est triste à dire, mais vieux vaut être méfiant et bien choisir à qui on fait confiance… Croyez-moi sur parole, je suis journaliste.

La blague du jour

Le Wonderful Chef arrive dans notre bureau. Sa (nouvelle) montre est aussi brillante que son teint est terne. Il prend un air de circonstance pour nous annoncer que la réunion de maquette prévue pour 11h n’aura pas lieu car il est débordé.

Devant notre quasi-absence de réaction, on le sent légèrement déçu. Il se balance légèrement d’un pied sur l’autre. Fait mine de sortir. Se ravise et attrape un magazine sur le bureau du Barbu.

– Bon, c’est bien, ce que vous avez fait, hein. On est sur la bonne voie, va falloir continuer sans moi mais faut pas lâcher.

– Karl…

– Non mais c’est bon, vous avez bien avancé, vous pouvez continuer sans moi.

– Karl…

-Notamment là, sur la rubrique truc, c’est bien les nouvelles modifs. Plus clair.

-Heu, Karl…

– C’est mieux, mais changez encore. Ça, là, c’est plus lisible. Allez dans ce sens. Bon, je dois vraiment y aller.

– Karl ! Le numéro que vous tenez, il date d’il y a deux ans…

– Ah ! (rire nerveux) Ah ben oui, c’est ce que je dis, faites évoluer. (Puis très vite) Toujours évoluer, par petites touches bien sur, pour garder l’identité de la revue, et ne pas hésiter à garder ce qui est bien pour changer ce qui peut et… (il voit passer Moipire et esquisse un départ) et donc vous faites la réunion et vous me tenez au courant. J’y tiens.

Et le voilà reparti.

On n’a pas eu le temps de lui dire que le magazine daté d’il y a deux ans, c’était pas Chokolat. C’était Sukre.