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« Société d’édition en pleine expansion…

23 mai 2011

… cherche rédacteurs pour revue professionnelle. Temps partiel possible. Envoyer CV, lettre de motivation et prétentions à k.koln@rubrik.com ».

C’est ainsi que tout a commencé : avec une annonce presque discrète dans la revue pro qu’on recevait à la boutique. J’étais en pause clope, et pour une fois j’avais pensé à prendre quelque chose à lire. Ou plutôt j’avais réussi à chiper quelque chose à lire, puisque mon bien-aimé patron arrivait généralement à faire disparaitre le courrier intéressant presque aussi vite que disons… la joie sur mon visage ou les chocolats à la liqueur le dimanche matin.

C’est un peu pour ça que j’ai vu dans cette annonce un signe du destin. Le seul numéro de Chokolat que je chope de l’année, et il y a une annonce faite exprès pour moi dedans. Rédacteur, c’est journaliste ? Journaliste, c’est quelqu’un qui vit de l’écriture ? Mon rêve… Et la perspective de quitter la confiserie avec ses horaires à la con, ses clients relous, ses activités répétitives et rébarbatives. Ce n’est pas que je déteste le chocolat, loin de là. J’aime le chocolat. Parfois même, j’aimais vendre du chocolat. Avec les tuiles, les mendiants, les truffes ou les pralines, j’avais l’impression de vendre du bonheur. C’est cliché à mort, mais je me prenais un peu pour Juliette Binoche dans Le chocolat. « Oh oui madame Bazelin, je vais régler tous vos problèmes de couple avec ce petit cacao sud américain relevé au piment,  vous m’en direz des nouvelles. » La plupart du temps, c’était quand même une sacrée purge, à base de commandes, de réception, de gestion d’équipe, de comptes et d’emmerdes diverses. Et un patron particulièrement con mais heureusement souvent absent.

Une heure plus tard, mon CV était à jour, ma lettre de motivation bouclée. « Cher Mr Koln, le chocolat et l’écriture sont mes deux passions. Au cours de mes éclectiques expériences professionnelles, comme lors de mes fabuleux voyages, j’ai pu explorer l’univers fascinant du cacao, de la culture du cacaoyer en Équateur à la vente en boutique en passant par l’industrie agroalimentaire. J’aimerais vivement collaborer à votre excellente revue Chokolat et reste à votre disposition pour un éventuel entretien. Veuillez agréer blablabla. Mlle Griotte ».

Et hop, envoyé !

Deux heures plus tard, une réponse : « Mlle Griotte, c’est avec intérêt que nous avons pris connaissance de votre candidature. Seriez-vous disponible pour un entretien ? »

Le lendemain je rencontrais Karl Koln.

Trois mois plus tard j’investissais mon nouveau poste : i was the new rédac’chef of Chokolat.

Avec le recul, je me dis que j’aurais du me méfier.

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