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Google instant

24 juin 2011

Un an que je bossais chez Rubrik, et un an que je me démenais seule à la rédaction de Chokolat. L’enthousiasme du début avait laissé place, petit à petit, à un agacement persistant. J’en avais marre de bosser en sous-effectif. Et encore, sous-effectif est un euphémisme. Je devrais dire en infra-effectif. En nano-effectif. En pico-effectif, allez. Une personne pour un mensuel, c’était une blague.

J’étais seule pour préparer les sommaires, commander et relire tous les articles, assister aux conférences de presse, représenter le titre lors des événements mondains, écrire les actus, pondre des éditos… J’en avais assez, tellement que je suis allée déverser  mon ras le bol dans le bureau du chef. Qui a écouté avec un cet air concerné quoique flottant et lâché, comme un poisson lâcherait une bulle, une de ses solutions qui n’en sont pas. « Vous avez un poste créatif. Vous devez entretenir votre créativité. Les grandes entreprises font ça maintenant. Chez Google, les employés ont tous une demi-journée par semaine pour faire autre chose. Vous devriez faire ça. » Ce à quoi j’ai répondu que j’avais déjà trop de travail pour mes journées, que je partais de plus en plus tard le soir, en emportant des articles à relire… Il a froncé les sourcils : comment ? Je travaillais chez moi ? Inconcevable ! Et en tout cas ce n’est pas lui qui me demandait de faire ça. Non, la vraie solution c’était que je m’accorde du temps chaque jour pour faire quelque chose qui me plait et m’apporte du bonheur.

Je me suis demandé s’il se foutait de ma gueule. Sérieusement. Parce que s’il pensait m’avoir apporté une réponse, sa santé mentale était encore plus inquiétante que ses capacités managériales. Plutôt que de lancer un recrutement, il m’offrait un conseil péché dans « le petit livre du bonheur au quotidien ». M’accorder du temps pour faire quelque chose d’agréable… bien sur. Ça marche aussi avec la faim dans le monde, non ?

Me suggérer de prendre une demi-journée pour « ouvrir mon esprit », était totalement irréaliste. Et montrait au mieux une totale ignorance de mes problèmes, et au pire une féroce mauvaise foi. Baguenauder un après-midi en dehors du bureau alors qu’on a Moipire sur le dos dès qu’on dépasse de 5 minutes notre heure de lunch…

Mais l’idée a fait son chemin. C’est à cette période que j’ai commencé mon cahier de récriminations, mes chroniques de Rubrik. A défaut d’obtenir des solutions valables de la direction, je me suis fait un plaisir de coucher sur papier ses réponses surréalistes. Et c’est avec joie que je les partage aujourd’hui avec vous.

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From → Génèse

3 commentaires
  1. Gros lourd permalink

    C’est marrant on m’a fait la même proposition dans ma boîte… J’avais une heure par çi par là pour zoner sur le net pendant que les autres grouillots bossaient 🙂
    J’ai cru tomber de ma chaise en entendant ce genre de proposition !

  2. Toi aussi tu as un « métier créatif » ?

  3. Proposer ça alors que les collègues d’à côté bossent… bravo pour la cohésion de l’équipe !

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