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Se faire aimer de son Chef en 3 leçons

20 octobre 2011

Les études le prouvent* : la vie au bureau est bien plus belle quand votre Chef vous kiffe.

Voici donc un indispensable de la survie en entreprise, fruit d’années d’observation et d’un sens de la synthèse remarquable, j’ai nommé les techniques et méthodes pour se faire aimer de son Chef. Certifié efficace avec des vrais morceaux de commerciales dedans. Attention, le cumul des différentes techniques est synergique et exponentiel et peut mener à une promotion.

Technique n°1 : Montrer qu’on est débordé, mais sans râler.

Il n’est point nécessaire d’être vraiment débordé, la seule obligation est d’avoir l’air sous l’eau en permanence. A vrai dire, ne pas être débordé est un plus indéniable, car il est beaucoup plus facile dans ce cas de ne pas râler, ce qui est le corollaire impératif. L’employé noyé qui râle demande des choses, remet en cause l’organisation, génère du stress. Et le Chef n’aime pas le stress.  Donc avoir l’air débordé, mais dans la joie.

Comment faire en pratique ? Marcher très vite dans les couloirs, tout le temps. Employer des phrases comme « oh la la j’en peux plus, j’ai pas pu faire pipi de toute la journée ! » ou « Promis, je réponds à ton mail demain, mais là c’est vraiment trop la folie » ou « on parle en marchant, ok ? Parce que là je pars en rdv et j’ai encore trop de trucs à finir ».

Astuces : rester vague sur les « trucs » urgents, penser à sourire, porter des chaussures qui font du bruit.

Technique n°2 : Ne jamais le contredire.

Le Chef est un être fragile, malmené entre un égo surdimensionné et des capacités parfois limitées. Lui montrer ces limites n’est pas une bonne idée, et c’est là un doux euphémisme. Aussi, même s’il assène une énorme connerie, une incongruité sans nom et vous fait passer (la boîte, lui et vous au passage) pour une bande de buses incompétentes, gardez à l’esprit que le contredire n’aidera pas. N’aidera jamais. Surtout en public. Rapport à l’égo sus-mentionné. Donc ne jamais le contredire, ni même laisser penser que vous n’êtes pas d’accord, d’ailleurs.

Comment faire en pratique ? Les débutants pourront s’entraîner à rester silencieux. Soyez patient : sauf à être particulièrement timide ou soumis, ce mutisme facile en apparence requiert déjà pas mal de volonté. En niveau avancé, vous pourrez acquiescer discrètement ou hum-humer en fond. Pour arriver à faire passer ses propres idées, rétablir des vérités ou sauver votre réputation, il vous faudra maitriser le niveau expert (voir technique bonus).

Astuces : Entrainez-vous avec votre belle-mère, l’instit de vos enfants ou toute personne que vous avez furieusement envie de contredire. Prenez soin de garder aussi un visage impassible. Un sourcil levé, des yeux au ciel, un fou-rire retenu ou un sourire de connivence interceptés pourraient anéantir tous vos efforts.

Technique n°3 : Lui cirer les pompes.

Répugnant, n’est-ce pas ? Et pourtant, d’après nos observations, c’est une technique particulièrement efficace et qui pourrait quasiment se suffire à elle-même. Est-il nécessaire d’expliciter ? Pour vous faire aimer de votre Chef, vraiment aimer, il va falloir lui lécher les bottes. Et ça n’aura pas bon goût.

Comment faire en pratique ? User et abuser de phrases telles que « Oui, vous avez raison », « je n’y avais pas pensé mais c’est vraiment une bonne idée », « je pensais faire comme ça…[le laisser vous contredire totalement]… vous avez raison, je vais faire plutôt comme ça alors », « super, merci, je me sens beaucoup mieux maintenant » ou « formidable, je n’y aurais jamais pensé seul(e), vous êtes vraiment brillant ».

Astuces : Vous constaterez avec le temps que même énorme, ça peut passer. Il faut juste y aller progressivement. Pensez à sourire, si vous pouvez battre des cils et prendre un air vraiment admiratif, c’est un plus.

Technique bonus : la méthode Gabriel

Du nom d’un improbable graphiste qui a réussi à faire exactement ce qu’il voulait de la maquette, grâce à l’emploi de phrases commençant par « comme Karl le disait d’ailleurs très justement hier… » suivi de n’importe quelle idée que notre Chef Karl n’avait jamais proposée. Et ça marchait.

*Etude randomisée multifactorielle en triple aveugle menée chez Rubrik depuis 4 ans, analyse comparée de critères objectifs : consommation de kleenex dans les bureaux, mesure des décibels Moipiresques, évolution mensuelles des déjeuners craquages chez le jap, échelle de murmures rapportés à la consommation de café, niveau de coup-de-putage pondéré par les cycles menstruels.

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