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Last night the fonction publique saved my life

12 juillet 2012

Ô la longue, très longue absence, se diront les quelques lecteurs réguliers de ce modeste blog. C’est que, chers vous trois, il m’a fallu tout ce temps pour apprendre, à l’instar de BHL ou Corneille*, à devenir philosophe.

Enfin disons qu’un léger craquage suite à une réunion particulièrement improductive m’a obligée à m’éloigner de Rubrik un moment. Mais maintenant ça va, pas d’inquiétude ! D’ailleurs le médecin l’a dit en me faisant ma piqure hebdomadaire : « c’est bien, mademoiselle Griotte : aujourd’hui, vous n’avez brûlé aucun des magazines de la salle d’attente, vous progressez ! Dès que vous aurez cessé de déchiqueter les pages de pub, vous serez prête à reprendre le travail ».

Alors voilà, je me prépare à retourner chez Rubrik et je suis zen. Et ça, c’est grâce au service public. Pas seulement grâce à l’établissement hospitalier à orientation légèrement psychiatrique qui m’a recueillie  quand je hurlais « Denonciatooooor », enchaînée au bureau de Karl. Non, c’est surtout grâce à la secrétaire du service. Josiane, 47 ans, philosophe à ses heures et devenue depuis ma maîtresse à penser.

Alors que nous lisions dans le journal, durant l’une de ses 12 pauses cigarettes quotidiennes, la triste histoire de cette cadre hospitalière de l’hôpital Bichat qui s’était suicidée en 2008, Josiane, pleine d’empathie, s’étonna. « Elle se serait suicidée parce qu’elle faisait trop d’heures supplémentaires ? C’est vrai que la pauvrette, 153 jours d’heures supplémentaires accumulés en 18 mois… Moi je suis pas sure de faire 153 jours de vrai travail en 18 mois. C’est pourtant pas compliqué. Quand tu veux pas travailler, tu viens pas. Moi par exemple, j’ai jamais fait un jeudi matin. C’est que j’ai cours de tai chi chuan, tu vois. »

Et là j’ai réalisé deux choses. D’abord, que le tai chi chuan, ça aide  à conserver sa souplesse. Josiane, elle fume en position du lotus.

Ensuite que la plupart du temps, quand on se laisse emmerder, c’est que dans une certaine mesure on le veut bien. Attention, je ne dis pas cette employée de l’AP-HP avait super envie de se faire maltraiter et essorer. Ni que feus les employés de France Télécom ou de la Poste étaient volontaires au burn out. Mais le boulot, ça ne devrait pas être un motif de suicide. Évidemment, c’est plus simple à réaliser quand on a une Josiane à proximité et 6 mois de Prozac derrière soi.

Enfin bref, c’est fini la Griotte qui s’énerve parce qu’on lui explose son chemin de fer et qu’on l’oblige à écrire des articles pour vendre de la pub. La Griotte nouvelle, elle s’en fout parce que c’est pas sa revue, pas son entreprise, qu’elle fait son maximum mais qu’elle ne fait pas de miracles. La new Griotte, elle a pour objectif de changer de boulot bientôt pour faire du journalisme éthique à nouveau. Et d’arrêter le Valium avant Noël.

Et de se mettre au Tai chi chuan. Mais quand elle sera à la retraite. Parce que les cours, bon, c’est le jeudi matin…

*Corneille le chanteur, hein, celui qui « vit chaque jour comme le dernier, padapapaaaaa ».

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One Comment
  1. Papillote permalink

    Welcome back !!

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