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La technique de la benête

22 avril 2013
Avant, je rentrais dans le tas. Puis j’ai acquis des méthodes de sioux, comme la technique du marécage dont je vous parlais la dernière fois, qui permettent d’évoluer en entreprise avec beaucoup plus de fluidité.

Donc aujourd’hui, après vous avoir transmis la merveilleuse méthode du pourrissement de notre cher barbu, let me introduce to you : la technique de la benête. Une ptite méthode à moi que je vais m’empresser de copyrighter, vu que c’est super pratique et que j’en suis très fière.

Attention ! Les techniques de survie en entreprise présentées sur ce blog ne sont pas universelles.

Par exemple, la technique de l’enlisement/du pourrissement/du marécage fonctionne uniquement avec les personnes qui s’enflamment très vite, veulent tout (et surtout n’importe quoi) tout de suite, mais n’ont aucune suite dans les idées.

La technique de la benête est utile face à un autre type de prédateur de bureau : le coucou, alias celui qui essaie de vous faire faire son boulot à sa place, alors qu’il n’y a aucune raison pour qu’il en soit ainsi. Généralement le coucou a un poste un peu au-dessus du votre sans être tout à fait votre supérieur hiérarchique, il a bien repéré que vous étiez fichtrement plus efficace que lui et a gardé en mémoire un épisode passé où vous avez bien voulu l’aider. Surtout, c’est une feignasse de première qui n’a aucun respect pour votre travail à vous.

Le coucou se pointe donc, la bouche en coeur, et va typiquement vous demander de l’aide sur un dossier épineux auquel il/elle ne comprend rien… Porté par votre bon coeur, votre esprit d’entreprise ou l’envie de vous faire bien voir, vous le/la dépannez. Son piège se referme sur vous. Car le coucou va revenir à la charge une fois suivante, puis une autre, sollicitant votre aide.  Très discrètement, il va faire en sorte que vous vous retrouviez en charge dudit dossier, sans même formuler clairement la demande.

Vous, joyeux employé dur au labeur, vous le voyez venir de très loin, le coucou. Surtout s’il vous a déjà eu une fois ou deux. Tout crispé, vous êtes tiraillé entre l’envie de l’envoyer bouler illico et la peur de vous faire mal voir. En plus, il n’a pas vraiment demandé quoi que ce soit.
C’est là qu’on respire, et qu’on applique la technique de la benête. Vous allez voir, c’est d’un simplicité déconcertante.

Quand le coucou revient à la charge, en disant par exemple « tu as bien reçu mon mail pour le suivi du dossier Chocoplouf, tu sais, celui pour lequel tu m’as aidé l’autre jour ? », répondez « Oui, mais je ne l’ai pas lu« .
Là le coucou marque une pause, ça ne lui serait même pas venu à l’idée que vous puissez ne pas lire un de ses mails. Il vous regarde, tente une blagounette, un  « ah ben merci ça fait plaisir » ou autre banalité du genre. Laissez-le s’enliser un peu, ça fait toujours plaisir à voir, et enchainez par un angélique « d’ailleurs, pourquoi tu me l’as transféré ? ».
Et là, le gentil petit filet que le coucou a tendu autour de vous se referme sur lui. Persuadé que vous étiez bien brave, et puisque vous l’aviez déjà aidé, il n’a même pas imaginé que vous puissiez ne pas continuer. Seulement se pose un problème : il comptait vous couillonner en douce, il n’a jamais formulé aucune demande explicite.
Donc il voulait vous faire bosser à sa place. Vous savez qu’il voulait vous faire bosser à sa place.
Mais il ne sait pas que vous savez qu’il voulait vous faire bosser à sa place. En tout cas, il n’en est pas sur…
Ses neurones chauffent, il essaie de trouver un moyen de rattraper le coup… De toute façon il faut bien qu’il réponde quelque chose. Par exemple, l’Ennamie, la semaine dernière, m’a dit
« Heu… je croyais que ça t’intéressait.
-Oui, bien sur, mais là je suis sur un gros article sur le sucre et les rites chamaniques, donc j’ai pas le temps…
-Non mais attends, Chocoplouf c’est super important, si on a pas la budget on peut metttre la clé sous la porte !
(notez la tentative crapuleuse de culpabilisation)
C’est sur, c’est sur… Ben tu me diras comment tu t’en es sortie !

Elle est partie super énervée, mais y’a pas eu d’esclandre. Ben oui : comment le coucou peut-il vous reprocher de ne pas faire quelque chose que vous n’êtes pas sensé faire, et qu’en plus il ne vous a pas demandé de faire ?

Magique…

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